Le DGS joue un rôle central dans le fonctionnement de la commune. Véritable relais entre les élus et les services administratifs, il pilote au quotidien l’action municipale. C’est lui qui coordonne les projets, accompagne les équipes, veille au bon déroulement des procédures administratives, et fait le lien avec la communauté de communes ou les partenaires institutionnels.
Pour une petite commune du Limouxin, disposer d’un tel professionnel à plein temps est souvent hors de portée. Le budget municipal, limité, doit en priorité répondre aux besoins essentiels des habitants : entretien de la voirie, soutien associatif, investissement dans les écoles ou encore gestion des équipements sportifs. Ainsi, le maire et ses adjoints assurent eux-mêmes, en grande partie, la gestion quotidienne et la coordination, ce qui peut alourdir leur charge et freiner la concrétisation de certains projets.
C’est là qu’intervient la mutualisation d’un DGS, une pratique désormais encouragée par l’État et de plus en plus répandue dans les territoires ruraux, notamment grâce à l’appui des communautés de communes. Concrètement, plusieurs communes du canton de Limoux – par exemple Malviès, La Digne-d’Amont ou Cournanel – peuvent s’accorder pour recruter ensemble un DGS, qui intervient à temps partagé.
Ce mode de fonctionnement présente quatre grands avantages, observés localement et confirmés par l’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF) :
Sources : AATF, collectivites-locales.gouv.fr
La présence d’un DGS partagé ne se limite pas à l’administration quotidienne. Il intervient dans la conduite des projets structurants : rénovation de l’école, création d’une bibliothèque intercommunale, mise en valeur du patrimoine, développement d’espaces verts ou organisation d’événements culturels.
Contrairement à certaines idées reçues, la mutualisation ne gomme pas l’identité des communes. Au contraire, elle permet de préserver leur autonomie tout en leur ouvrant la porte à un service public de qualité, pour tous les habitants. Cela s’inscrit pleinement dans la philosophie de notre Limouxin : être fort ensemble, respecter chaque singularité mais avancer côte à côte.
Chaque maire reste libre de ses orientations et décisions, mais gagne, grâce au DGS, un accompagnement solide et une aide précieuse pour leur mise en œuvre. Cela facilite également le renouvellement démocratique (plus de candidats aux élections municipales, moins d’appréhension face à la charge administrative) et garantit la continuité de l’action publique, même en cas de changement d’équipe.
Selon la Banque des Territoires, la moitié des communes françaises (notamment de moins de 1 000 habitants) ont aujourd’hui recours à des agents mutualisés, principalement sur les fonctions techniques et administratives, et la tendance est croissante dans le Sud-Ouest.
Dans le canton de Limoux, plusieurs communes membres de la Communauté de communes du Limouxin expérimentent, dans leurs groupements, la mutualisation d’un DGS ou d’un secrétariat général :
Ces initiatives sont encouragées à l’échelle nationale, qu’il s’agisse de la DGCL (Direction générale des collectivités locales) ou du programme Petites Villes de Demain, dont bénéficient certaines communes du Limouxin (source : Agence nationale de la cohésion des territoires).
Le succès d’un tel dispositif repose avant tout sur la confiance, la concertation et la clarté des engagements. Il convient :
Soutenir la vitalité de nos petites communes passe par l’innovation et la solidarité. En mutualisant le poste de DGS, le Limouxin s’engage sur une voie exemplaire : celle où chaque village, aussi modeste soit-il, trouve sa place et bénéficie des compétences pour bâtir un avenir durable et harmonieux.
Ce choix renforce la qualité du service public, ancre un pilotage professionnel au plus près des réalités du terrain, et favorise la dynamique de regroupement sans jamais diluer la richesse de nos identités communales. À l’heure où les attentes des habitants évoluent et où les projets deviennent toujours plus complexes, il s’agit d’un pari sur la force du collectif, à l’image de ce que nous sommes : un territoire vivant, solidaire, attentif à chacun, et résolument tourné vers l’avenir.
Pour en savoir plus : Banque des Territoires : la mutualisation dans les collectivités